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Dimanche 28 Janvier 2007
Editorial (Dimanche 28 Janvier 2007)
 
À bout de souffle ?

Par : Hamid Saïdani
Lu : (609 fois)

Traqué continuellement par les services de sécurité et à bout de force dans certains maquis, alors que ses rangs continuent de se réduire, le GSPC tente, à travers cette allégeance, de se reconstituer en cherchant aide et soutien à l’extérieur  du pays.

En renonçant à son ancienne appellation, adoptée depuis sa création en 1998, après avoir prêté allégeance à Al-Qaïda en septembre dernier, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat décide de se mettre définitivement sous la coupe de l’organisation terroriste internationale.
Après avoir fonctionné durant toutes ces années en préservant son “autonomie” par rapport aux groupes terroristes activant dans d’autres régions du monde, le mouvement terroriste dirigé par Abdelkrim Droukdel, alias Abou Mosâab Abdelwadoud, devient ainsi une branche de l’organisation de Ben Laden, à qui il promet que ses soldats sont à ses ordres pour “frapper qui il voudra et partout où il voudra”. En agissant de la sorte, le désormais ex-GSPC lève toute équivoque sur ses rapports avec l’organisation terroriste internationale et confirme, par là même, le ralliement avec armes et bagages de ses troupes sous la bannière d’Al-Qaïda. Cette dernière étale donc ses tentacules dans une région qui était pour le moment préservée de son influence.
Mais, quelles seraient les conséquences d’un tel repositionnement sur l’activité terroriste en Algérie ? C’est la question que nous sommes tentés de poser tant pour le moment, le groupe armé dirigé par Droukdel a suivi dans son action une stratégie qui a fondamentalement tranché avec les méthodes “expéditionnaires” du GIA. Est-ce à dire que le GSPC va recourir aux procédés de l’organisation terroriste internationale pour atteindre ses cibles ? Une hypothèse à ne pas écarter surtout que les “ordres” viendront de l’extérieur.
Une méthode qui pourrait provoquer des divisions au sein de la mouvance terroriste, surtout que ses rangs sont déjà fissurés après la mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation, entre opposants à toute négociation et sympathisants de la reddition. Si le GSPC pouvait tirer profit de son ralliement, notamment en matière de moyens financiers et d’armes, néanmoins, cela pourrait avoir des répercussions graves sur le groupe armé qui arrive difficilement à contenir les divisions en son sein. Mais, il faut dire que le GSPC, traqué continuellement par les services de sécurité et à bout de force dans certains maquis, alors que ses rangs continuent de se réduire, tente, à travers cette allégeance, de se reconstituer en cherchant aide et soutien à l’extérieur du pays. Reste à savoir maintenant le degré de mainmise et le niveau d’influence qu’aura Al-Qaïda sur sa branche Maghreb.

H. S.


publié par Hamid Saïdani dans: Edito
Dimanche 29 Octobre 2006
Editorial (Dimanche 29 Octobre 2006)
 
Leçon

Par : Hamid Saïdani
Lu : (716 fois)

Tous les ministres et les walis doivent avoir encore en mémoire les sévères mises en garde du premier magistrat du pays à l’encontre des hauts cadres de l’administration lors de la traditionnelle réunion gouvernement-walis en juin dernier.

La sentence politique est finalement tombée pour le wali d’El-Tarf, et cela avant même que l’autorité judiciaire ne se prononce sur les nombreuses affaires dans lesquelles il est impliqué. Le dossier est, selon toute vraisemblance, trop lourd pour attendre un traitement judiciaire qui pourrait s’étaler dans le temps. Certes, le désormais ex-wali de cette wilaya de l’extrême est du pays a beaucoup fait parler de lui puisque la justice s’est déjà saisie du dossier, au mois de juin dernier, en ouvrant une information judiciaire à son encontre, cependant l’on ne s’attendait peut-être pas à le voir dégommé de façon aussi expéditive. Mais, apparemment, l’ampleur des dégâts causés par ce représentant de l’État, censé être à l’écoute et au service de la société, a contraint le président de la République à agir promptement, sans avoir à attendre un quelconque mouvement des walis pour régler les comptes à ceux qui n’ont pas été à la hauteur de la mission qui leur a été assignée.
Le rapport remis par les enquêteurs, dépêchés par la présidence de la République dans cette région, a donc suffi au président Bouteflika à rendre sa sentence.
Mais, comme le dit l’adage, un homme averti en vaut deux. Tous les ministres et les walis doivent avoir encore en mémoire les sévères mises en garde du premier magistrat du pays à l’encontre des hauts cadres de l’administration lors de la traditionnelle réunion gouvernement-walis en juin dernier. “Tous les ministres ne travaillent pas de la même manière. Il y a ceux qui travaillent nuit et jour et d'autres qui se roulent les pouces. Le constat vaut aussi pour vous, les walis. Celui qui ne peut pas assumer ses responsabilités doit partir ou nous allons l'enlever”.
Le président Bouteflika, qui n’y était pas allé par quatre chemins pour menacer de sévir les brebis galeuses, a démontré encore une fois qu’il ne cautionnera pas de telles dérives, même avec les hommes qui lui sont proches. Et ce n’est pas l’ancien wali de Blida qui dira le contraire.
Toutefois, pour son collègue d’El-Tarf, les choses semblent plus corsées. Des anomalies ont été relevées dans sa gestion de différents secteurs socioéconomiques, particulièrement le foncier, les concessions de sablières, les forêts et la passation des marchés publics. Dans ce cas précis, ce qui est à retenir c’est que la décision du Président est l’aboutissement de requêtes de nombreux opérateurs économiques et de citoyens de la région qui n’avaient pas hésité à dénoncer les agissements du premier responsable de leur wilaya. Lorsque l’on sait que l’administration algérienne est profondément gangrenée par la corruption, les passe-droits et les abus de pouvoir, l’on se surprend à espérer que le traitement réservé au wali d’El-Tarf serve de leçon à nos administrateurs.

H. S.


publié par Hamid Saidani dans: Edito
Dimanche 08 Octobre 2006
Editorial (Dimanche 08 Octobre 2006)
 
La bête traquée

Par : Hamid Saïdani
Lu : (866 fois)

La relative accalmie constatée donc avant le mois de carême est la démonstration que les sbires de Abdelmalek Droukdel peuvent trouver refuge dans les denses maquis de la région pour échapper ainsi à la main lourde de l’armée.

Les irréductibles du GSPC viennent encore une fois de démontrer que quelque puissent être les initiatives du pouvoir à leur égard, rien ni personne ne viendra changer quoi que ce soit à la logique dans laquelle ses membres sont engouffrés. La dernière offre en date des autorités, en l’occurrence la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, ne semble pas avoir provoqué l’effet escompté chez ces desperados des temps modernes qui continuent à semer la mort là où les conditions le leur permettent. La bête immonde ne cessera jusqu’à son dernier souffle de rafler des vies et de faire régner la terreur dans les zones proches des maquis et massifs boisés où elle se terre. Après les grandes opérations de ratissage menées avant le mois de ramadhan par l’armée dans les fiefs du GSPC, notamment dans les régions montagneuses des wilayas de Boumerdès, de Tizi Ouzou et de Bouira, l’organisation terroriste tente en ce mois de piété de reprendre l’initiative pour essayer de desserrer l’étau sur ses éléments traqués dans les maquis. La relative accalmie constatée donc avant le mois de carême est la démonstration que les sbires de Abdelmalek Droukdel peuvent trouver refuge dans les denses maquis de la région pour échapper ainsi à la main lourde de l’armée. Mais sans surprise aucune, l’organisation criminelle revient vite à la charge comme pour montrer à l’opinion que sa capacité de nuisance n’a pas été affectée par les nombreux coups de boutoir qui lui sont portés par les services de sécurité. L’attentat de Chaâbet El-Ameur, qui a coûté la vie à trois soldats de l’ANP et deux civils, serait-il, en sus, une réponse à l’élimination de deux de ses éléments, dont un “émir” auteur des rapts enregistrés dans la région, à Ammal ? Quel message essaie d’envoyer l’organisation terroriste ? Est-ce une manière de signifier sa position à l’égard des initiatives politiques tendant à mettre fin à la violence ? Mais, en définitive, que peut-on vraiment attendre d’une organisation qui a toujours accueilli les multiples offres des autorités par une cruauté toujours renouvelée ? Au grand dam de ceux qui prônent la prorogation, ad vitam, des délais de la charte.

H. S.

publié par Hamid Saïdani dans: Edito
Mardi 22 Août 2006
Editorial (Mardi 22 Août 2006)
 
Veillée d’armes

Par : Hamid Saïdani
Lu : (321 fois)

Au niveau des états-majors politiques, c’est donc une sorte de veillée d’armes à laquelle on se prépare, en attendant le début de la campagne de la révision constitutionnelle qui, elle, constituera une sorte de répétition générale pour les législatives et locales de 2007.

La classe politique, et plus particulièrement la coalition gouvernementale, n’a pas attendu le signal que fut l’annonce hier des dates des prochaines échéances électorales par le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, pour s’atteler à la préparation des rendez-vous politiques d’importance qui pointent déjà à l’horizon. Tout ce beau monde semble parfaitement conscient que la bataille est imminente. Autant se mettre tout de suite sur les starting-blocks pour ne pas rater le départ.
C’est ce que tente, en effet, le trio de l’alliance présidentielle qui, séparément, fourbit ses armes dans la perspective d’une campagne qui s’annonce déjà très serrée, notamment entre un FLN qui espère conforter sa position de formation majoritaire à l’APN et dans les assemblées locales, et un RND qui espère à tout le moins améliorer ses scores à défaut de reconquérir la place de leader qu’il occupait avant les élections de 2002.
Le parti de Belkhadem va ainsi essayer de réussir son université d’été afin de montrer à ses adversaires le degré de préparation de ses troupes à quelques encablures d’un rendez-vous politique majeur pour le pays, à savoir le référendum sur la révision de la Constitution.
Le troisième parti de l’alliance, en l’occurrence le MSP, n’est pas en reste, lui qui a toujours misé sur une politique entriste qui lui a tout de même assuré une place confortable au sein du pouvoir. Par contre, pour le parti d’Ahmed Ouyahia, les enjeux sont apparemment plus cruciaux, lui qui fait face ces dernières semaines à une fronde sourde qui risque de plomber sa campagne. Le RND, qui a décidé cette fois-ci de se passer de son université d’été, un type de rencontres désormais classiques pour les formations politiques, compte concentrer ses efforts sur un programme de sorties menées par ses principaux cadres pour réinvestir, à partir de septembre, un terrain essentiellement accaparé par son frère ennemi le FLN.
Au niveau des états-majors politiques, c’est donc une sorte de veillée d’armes à laquelle on se prépare, en attendant le début de la campagne de la révision constitutionnelle qui, elle, constituera une sorte de répétition générale pour les législatives et locales de 2007.
Et pendant ce temps, les partis de l’opposition se complaisent dans un silence qui ne peut que les affaiblir encore plus et, par-delà, réduire leur  poids sur un échiquier politique qui est loin de leur être favorable.

H. S.

publié par Hamid Saïdani dans: Edito
Lundi 21 Août 2006
Editorial (Lundi 21 Août 2006)
 
Gêne

Par : Hamid Saïdani
Lu : (850 fois)

Cette façon de ne pas y aller franchement de la part des autorités officielles, qu’on a vu, par ailleurs, faire preuve d’effusions ostentatoires en d’autres occasions similaires, ne manque pas de soulever des interrogations.

L’Algérie a célébré hier le 50e anniversaire de la tenue du Congrès de la Soummam, qui “a dessiné les contours de notre glorieuse guerre et en a défini les méthodes pour tracer l'avenir de notre nation”, pour reprendre le message du président de la République. C’est dire l’extrême importance et l’impact fondamentalement positif de la rencontre d’Ifri sur le cours de la guerre de Libération et l’impulsion qu’elle avait donnée, tant militairement que diplomatiquement, au combat libérateur. Mais, il faut dire que les festivités prévues à cette occasion, pourtant annoncées en grande pompe, pour restituer à cet événement fondateur sa dimension de jalon majeur dans l’histoire du pays, semblent avoir laissé un goût plutôt amer chez les populations de la vallée de la Soummam. Celles-ci espéraient tout de même une commémoration digne de cet événement historique qui marqua un tournant dans la lutte du peuple algérien pour s’affranchir du joug colonial. Mais, au lieu d’une célébration à la hauteur de cette page glorieuse de la Révolution algérienne, qui a su “transformer le torrent populaire en énergie créatrice”, les festivités ont sombré dans une légèreté qu’il est difficile de s’expliquer. La présence officielle en ces lieux, chargés de mémoire, s’est réduite à une visite éclair du ministre des Moudjahidine, qui s’est limité à déposer une gerbe de fleurs au cimetière des martyrs, alors qu’il n’a même pas lu le message du président de la République. Cette façon de ne pas y aller franchement de la part des autorités officielles, qu’on a vu, par ailleurs, faire preuve d’effusions ostentatoires en d’autres occasions similaires, ne manque pas de soulever des interrogations. C’est comme s’il y avait une gêne officielle à assumer nationalement et politiquement la plate-forme de la Soummam, et encore moins son géniteur, Abane Ramdane, qui continue à déranger, quarante-neuf ans après son assassinat.  

H. S.

publié par Hamid Saïdani dans: Edito
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