Dimanche 29 Octobre 2006
Editorial (Dimanche 29 Octobre 2006)
 
Leçon

Par : Hamid Saïdani
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Tous les ministres et les walis doivent avoir encore en mémoire les sévères mises en garde du premier magistrat du pays à l’encontre des hauts cadres de l’administration lors de la traditionnelle réunion gouvernement-walis en juin dernier.

La sentence politique est finalement tombée pour le wali d’El-Tarf, et cela avant même que l’autorité judiciaire ne se prononce sur les nombreuses affaires dans lesquelles il est impliqué. Le dossier est, selon toute vraisemblance, trop lourd pour attendre un traitement judiciaire qui pourrait s’étaler dans le temps. Certes, le désormais ex-wali de cette wilaya de l’extrême est du pays a beaucoup fait parler de lui puisque la justice s’est déjà saisie du dossier, au mois de juin dernier, en ouvrant une information judiciaire à son encontre, cependant l’on ne s’attendait peut-être pas à le voir dégommé de façon aussi expéditive. Mais, apparemment, l’ampleur des dégâts causés par ce représentant de l’État, censé être à l’écoute et au service de la société, a contraint le président de la République à agir promptement, sans avoir à attendre un quelconque mouvement des walis pour régler les comptes à ceux qui n’ont pas été à la hauteur de la mission qui leur a été assignée.
Le rapport remis par les enquêteurs, dépêchés par la présidence de la République dans cette région, a donc suffi au président Bouteflika à rendre sa sentence.
Mais, comme le dit l’adage, un homme averti en vaut deux. Tous les ministres et les walis doivent avoir encore en mémoire les sévères mises en garde du premier magistrat du pays à l’encontre des hauts cadres de l’administration lors de la traditionnelle réunion gouvernement-walis en juin dernier. “Tous les ministres ne travaillent pas de la même manière. Il y a ceux qui travaillent nuit et jour et d'autres qui se roulent les pouces. Le constat vaut aussi pour vous, les walis. Celui qui ne peut pas assumer ses responsabilités doit partir ou nous allons l'enlever”.
Le président Bouteflika, qui n’y était pas allé par quatre chemins pour menacer de sévir les brebis galeuses, a démontré encore une fois qu’il ne cautionnera pas de telles dérives, même avec les hommes qui lui sont proches. Et ce n’est pas l’ancien wali de Blida qui dira le contraire.
Toutefois, pour son collègue d’El-Tarf, les choses semblent plus corsées. Des anomalies ont été relevées dans sa gestion de différents secteurs socioéconomiques, particulièrement le foncier, les concessions de sablières, les forêts et la passation des marchés publics. Dans ce cas précis, ce qui est à retenir c’est que la décision du Président est l’aboutissement de requêtes de nombreux opérateurs économiques et de citoyens de la région qui n’avaient pas hésité à dénoncer les agissements du premier responsable de leur wilaya. Lorsque l’on sait que l’administration algérienne est profondément gangrenée par la corruption, les passe-droits et les abus de pouvoir, l’on se surprend à espérer que le traitement réservé au wali d’El-Tarf serve de leçon à nos administrateurs.

H. S.


publié par Hamid Saidani dans: Edito

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