Les spécialistes des questions de propagande savent bien que l’on peut toujours gagner sur le terrain de la communication ce qu’on ne peut pas avoir par le biais des actions militaires. Pendant toute la durée du conflit qui a éclaté entre le Hezbollah libanais et Israël, le ton en usage dans la presse occidentale, et plus particulièrement française tous médias confondus, s’est caractérisé par une partialité flagrante dans le traitement des événements dramatiques qui ont secoué le Proche-Orient. S’il ne s’agit pas ici de s’attarder sur le cas de la presse anglo-saxonne, réputée pour être aux ordres de l’establishment américain, le rôle joué par une bonne majorité d’organes d’information français dans ce conflit est des plus surprenants.
Mais au fond, pour beaucoup cela démontre de nouveau l’emprise de certains lobbies juifs sur les titres et chaînes de l’Hexagone au point d’en faire des porte-voix de l’armée israélienne, distillant les informations les plus tendancieuses et les manipulations les plus grossières.
Comment expliquer que des journaux aussi prestigieux que Le Monde, Libération et Le Figaro, sont tombés très facilement “dans le panneau” en faisant preuve d’un déséquilibre flagrant dans la présentation des informations en provenance du Proche-Orient ? En effet, la plupart des informations livrées au lecteur ont une seule source : le gouvernement ou l’armée israéliens. Une seule version de la guerre est privilégiée : celle rendue publique par les Israéliens.
La presse française a-t-elle choisi dès le départ et volontairement cette option ? Des éléments plaident en tout cas pour cette éventualité, notamment avec ce qui s’est passé après l’enlèvement des deux soldats israéliens qui a constitué le prétexte à Israël pour attaquer le Liban. Selon la version répandue par la plupart des journaux, les combattants du Hezbollah ont pénétré à l’intérieur des territoires israéliens pour tendre une embuscade aux militaires israéliens et finir par prendre vivant deux d’entre eux. En réalité, cet incident s’est déroulé sur le sol libanais, plus précisément à Aïta al Chaâb.
Les combattants du Hezbollah ne se sont donc nullement introduits en territoire israélien et, logiquement, ils n’ont fait que repousser une infiltration clandestine et illégale des troupes israéliennes qui ont violé la souveraineté territoriale du Liban. Le pire, c’est que c’est à la demande du chef de la censure militaire israélienne, que la presse occidentale, dans sa majorité, a accepté de relayer cette version tronquée des événements survenus les premiers jours du conflit.
Cependant, le colonel israélien n’aurait pas pu, à lui seul, peser aussi fortement sur ces médias et les contraindre presque à reprendre l’information sous la dictée. Ce sont les relais qui ont très bien fonctionné, comme cela a été le cas pendant toute la durée du conflit. Pour bien peaufiner le travail, les journaux, comme Le Monde, ont fait appel à des personnages, à l’image d’un Bernard Henri-Levy qui a troqué son statut d’écrivain philosophe pour celui de soldat, ou d’un Claude Lanzman en mal de réputation. Les deux hommes, dont la sympathie pour l’État d’Israël est du domaine du public, se jettent dans l’arène à coup de “contributions” ou de “tribunes libres” pour marteler “le droit d’un État souverain à se défendre” et “la nécessité d’éliminer une organisation terroriste qui menace le monde libre”.
Tout cela, en effet, pour justifier une guerre immorale qui s’est surtout distinguée par le massacre d’enfants, de femmes et de vieillards. Fait d’ailleurs très symbolique, plusieurs associations ont organisé, le 10 août dernier à Paris, “une procession funèbre” pour annoncer “le décès de l’éthique journalistique de la direction du Monde”. Pendant cela, des journalistes italiens, des envoyés spéciaux ou permanents au Moyen-Orient, lançaient un appel pour qu’un "cessez-le-feu" dans le conflit entre Israël et le Hezbollah mette fin à la “folie démesurée” et aux “souffrances indicibles de la population”. La partialité dans le traitement de l’information en provenance du Proche-Orient est devenue presque endémique à toute la presse française et même les chaînes de télévision n’y échappent pas.
À l’exemple de Ia télé et Euronews, les chaînes d’information, qui projettent sans cesse des images de l’armée israélienne sur le terrain et du cabinet de guerre d’Ehoud Olmert en omettant de dire ce qui se passe ou ce qui se dit de l’autre côté de la frontière. L’Agence France Presse n’est pas en reste, elle qui fait parfois sienne tout ce qui sort de la bouche des responsables israéliens.
Ce qui s’est passé avec la mort des 12 soldats israéliens suite à un tir de roquette du Hezbollah constitue une autre preuve de ce “favoritisme”.
En effet, alors qu’une chaîne de télévision israélienne annonçait qu’il s’agissait de soldats, l’AFP continuait, dépêche après dépêche, à affirmer que les victimes étaient des civils. Et il lui a vraiment fallu beaucoup de temps pour se raviser et se… corriger.
Hamid Saidani
chapeau à la chaine manar et jazzera!
au moins notre son de cloche!ou plutot notre son de muezzin!